I will not run away from life

Quand on se dispute, je rigole. Je ris parce que je nous vois pris au piège malgré nous, malgré tout, malgré moi. On ne peut échapper à cette voie ou cette voix d’ailleurs. Je ne peux peut-être pas y échapper mais je la vois cette situation et j’en suis totalement consciente et ça me fait rire. C’est un peu comme les montagnes russes, on ne peut s’empêcher de crier durant la chute, crier d’excitation ou de peur, peu importe. Se disputer parce qu’il y a conflit ou parce qu’on s’aime, c’est un peu pareil au final, le résultat est le même. Et le résultat compte malgré nous.

Et ça me fait rire de voir que je n’y peux rien, que c’est trop prétendre que de croire pouvoir contrôler sa vie dans les moindres détails. Le perfectionnisme est vraiment une perte de temps, quoi que la concentration que ça requiert est passionnante en soi, lorsqu’elle se transforme en passion… vous me suivez ?

Lorsqu’on m’annonce que quelqu’un est mort, je ris. Cette fois-ci ce n’est pas parce que cette histoire répétitive me fait rire, celle de la mort, comme si on me jouait une farce pour la énième fois, non, juste par surprise je crois, parce que je n’y crois pas systématiquement, sans doute parce que ça ressemble à un tour de magie irréversible et on ne croit pas ses yeux, ni ses oreilles, ni tous ses sens qui ont du mal à croire qu’une vie puisse disparaître un jour. Quand je vais à des funérailles, j’ai un large sourire, j’ai presque envie d’éclater de rire et de leur dire : qui l’aurait cru hein ? Il/elle a disparu ! Et paf, plus rien ! hahahahahahaha une farce aussi vieille que le premier homme hein ! C’est à en devenir fou, ne pensez-vous pas ? Mais je m’abstiens et je lutte contre mon sourire lorsque je serre leurs mains, en général ils sont en larme, je me force à penser à quelque chose de super triste, je me force à réaliser que la personne a réellement disparu et qu’on ne la reverra plus jamais, que ce n’est pas une blague, et qu’un jour ce sera mon tour… là, ça me calme tout de suite, c’est déjà mieux. Enfin, je pars dans un autre délire à ce moment là, forcément. Comment ne pas faire autrement ?

J’écoute cette chanson, j’adore la chanter avec elle, mais ça sonne faux, mis à part la voix évidemment, je veux dire les mots, j’aimerai tellement les penser mais je n’en suis pas convaincue. Maybe he had the last laugh, maybe I’m not that stronger. Je lis Haruki Murakami aussi, je lis la nouvelle La pierre-en-forme-de-rein qui se déplace chaque jour, cet homme à qui son père a confié que dans sa vie il ne rencontrera que 3 femmes qui compteraient vraiment pour lui et seraient significatives dans sa vie, il se met alors à se poser un tas de questions à chaque fois qu’il croise une nouvelle femme et partage un bout de vie avec elle, est-ce qu’elle est vraiment significative dans ma vie ? Est-ce que maintenant je n’ai plus qu’une seule chance pour faire ma vie avec cette troisième bonne femme vu que les deux premières m’ont quitté ? Et je réfléchis moi aussi, est-ce que j’ai croisé 3 hommes significatifs dans ma vie ? Et à première vue, je pense bien que oui, et… oh bordel de merde, je réalise que ça s’est passé exactement comme Murakami l’a prédit. Le premier s’est marié, le second a disparu du jour au lendemain sans explication et le troisième j’ose espérer que c’est celui avec qui je suis en ce moment, et je n’ai pas encore fini la nouvelle de Murakami pour voir quel sort lui sera réservé… Je vous tiendrai au courant, ne vous inquiétez pas. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander également pourquoi est-ce qu’il a fallu que je sois quittée comme ça ? Pourquoi est-ce que cette expérience a été aussi nécessaire dans mon existence ? Pourquoi a-t-il fallu que ce soit lui et que je vive ça ? Mais surtout pourquoi est-ce que je ne peux pas effacer cette mauvaise expérience de ma mémoire ? Est-ce que je vivrai avec toute ma vie ? Murakami dit que oui. Il faut vraiment nous empêcher d’être totalement heureux hein ? Pas de répit. Je dois dire que je ne suis pas toujours dans cet état, et heureusement d’ailleurs, il y a des moments où je me sens totalement au-dessus de tout ça, ces expériences difficiles, ce passé, mais il y a des moments où je me dis que si je le recroise je lui enfouirai bien mon sabre dans le ventre sans hésiter. Ce serait un réel moment d’humiliation pour moi plutôt oui, enfin c’est aussi pour ça que j’aimerai l’éliminer, comme si ça suffirait à éliminer le passé… Ouf, encore une fois, une voie à laquelle je n’aurai pas pu échapper anyway alors à quoi bon, mais bon, si je ne m’entêtais pas elle ne sera pas aussi importante, vous voyez ce que je veux dire ? C’est un mal fait sur mesure pour me faire mal, je reste convaincue évidemment que c’est un mal pour un bien, que c’est toujours un mal pour un bien ce qui nous arrive, sauf lorsqu’on s’afflige du mal à soi-même. Et même que j’oserai dire que tous les maux nous nous les affligeons à nous-même, une question de karma ? Oui, en quelque sorte. Nous ne sommes pas parfaits, nous faisons forcément du mal aux autres ou à soi-même et on finit par le payer, c’est comme ça. Une question d’équilibre oui. Et c’est pourquoi nous nous disputons alors que nous nous aimons, et que je ris, parce que la balance a juste besoin de retrouver son équilibre et elle le retrouve naturellement, parce que c’est ça une balance, elle doit retrouver l’équilibre pour retrouver la paix et que tout rentre dans l’ordre. Enfin, c’est quand même pénible ces petites piqûres du passé qui nous piquent de temps en temps.

Puis j’ai pensé aux façons de vivre de certaines personnes, certaines personnes se plaignent tout le temps, mais elles le font en rigolant, c’est un peu dans l’esprit qui aime bien châtie bien, elles peuvent critiquer leurs conjoints, leurs enfants, à longueur de temps, en disant que c’est pénible de les gérer, mais elles sont heureuses au fond, et c’est tout ce qui compte, on est bien d’accord.

Puis il y a celles qui sont très sensibles et font le guignol. Et je me suis retrouvée entrain de me demander pourquoi on se fatigue autant à cacher ce qu’on est au fond. Quelle perte de temps ! Quel manque de goût aussi, forcément. On nous prive de tableaux tellement beaux, mais bon, s’ils se cachent c’est que ça n’a pas marché du premier coup, ils ont dû en recevoir aussi et n’ont plus eu envie de réessayer ou d’en accuser d’autres.

 Une série que je vous recommande… Pour l’instant, j’adore et inutile de dire que ça a été le coup de coeur dès que j’ai vu ce trailer.

[Photo prise par moi-même dans un restaurant ce midi]

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2 thoughts on “I will not run away from life

  1. J’aime beaucoup la photo ! Et cet article en rebondissements de pensée, et ton image de la balance, du rire, de l’importance des gens. J’espère qu’on n’est pas limités à un si petit nombre de rencontres majeures, que même ceux avec qui on partage peu de temps peuvent à leur manière changer notre vie…

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